Mensonges et traditions

On « élève » ses enfants dans l’espoir d’une vie longue, heureuse, avec le moins de souffrances possibles ; on « élève » vaches, poules, cochons pour goûter au plaisir futile de nous régaler des morceaux de leur corps inerte. Est-il bien honnête d’utiliser le même mot ?

On fait naître des individus dans le seul but de les tuer pour les manger. Pour la plupart d’entre eux, ils n’auront pas connu un seul instant agréable dans leur courte vie. Nous mangeons des jeunes animaux dont les parents ont été violés ; des enfants arrachés à leur mère dès le premier jour, enfermés la totalité de leur courte vie dans un box ou une cage, la plupart du temps mutilés pour éviter le cannibalisme lié à ces situations d’extrême promiscuité.

Et que dire de nos éleveurs locaux, séquestrant des oiseaux les 12 derniers jours de leur vie, dans des cages où ne leur sera même pas permis de se lever, ni se retourner, ni d’étendre une aile, mais seulement de subir, deux fois par jour, l’ingestion forcée de quantités indécentes de bouillie de maïs pour notre si cher, si local et si distingué « foie gras » …

Le petit éleveur du coin emmène lui aussi ses animaux à l’abattoir, dans le même abattoir que cet élevage local de 200 000 poules ou de 50 000 lapins encagés à vie, celui là même où chaque victime du système passera plusieurs heures, parfois la nuit entière, dans l’odeur de terreur et de mort, verra ses congénères être assassinés avant de passer elle-même, attachée par les pattes, dans le bain électrifiant ou d’être « étourdie » par une balle à blanc, le pistolet au milieu du front. (v. Ces bêtes qu’on abat – Journal d’un enquêteur dans les abattoirs français, Jean-luc Daub, 2009, L’Harmattan)

Pour « produire » de la viande, du lait, des œufs, on exploite, on torture et on tue, par millions. Manger « de la » « viande », c’est manger le viol (l’insémination artificielle est aujourd’hui généralisée), l’enfermement, les mutilations, les coups, le meurtre, de QUELQU’UN.

Ainsi, à l’aube du XXIème siècle, dans une société dite civilisée, pour les petits plaisirs futiles et éphémères de quelques uns, et surtout les intérêts financiers de quelques autres, nous torturons et tuons 2 MILLIARDS, d’individus sensibles par semaine dans le monde, dont 3 millions (uniquement les animaux terrestres) par JOUR rien qu’en France.

 

Il n’y a pas d’animaux d’élevage ; que des animaux esclaves – et le mot est bien faible – tout comme il n’y a pas d’animaux sauvages, mais des animaux libres. Aujourd’hui on fait naître des individus SENSIBLES et CONSCIENTS – sans qu’ AUCUN doute ne soit plus permis là-dessus – dans le seul but de les tuer et d’en tirer le maximum de profit.

Aujourd’hui en France, les Bigard, Aoste, Nestlé, Lactalis et les autres, ont suffisamment de moyens, pour, main dans la main avec les politiques au pouvoir, diffuser une information partielle et mensongère sur la nutrition humaine via la publicité ET l’ensemble des organismes de santé. Non, les protéines, le fer, le calcium, etc… ne se trouvent pas que dans les corps martyrisés des animaux ; les études indépendantes (non-françaises donc) montrent même leur nocivité. Les organismes nutritionnels de pays plus honnêtes le disent (ADA au Canada par ex.), à l’unisson avec l’existence même des 600 millions d’humains dans le monde qui vivent sans manger d’animaux.

Aujourd’hui, les personnes à la tête des gouvernements et des lobbies savent que 15kg de végétaux et plus de 15000 litres d’eau potable sont nécessaires à la production d’un kilo de viande de vache – un peu moins pour les plus petits animaux mais le ratio reste accablant – , que ces végétaux sont issus de plantations et d’exploitations criminelles du tiers-monde, que l’élevage (tout compris) occupe 75% des terres arables du monde (source : viande.info) et est responsable d’au moins 18% des GES (rapport FAO). Ainsi, oui, « chaque bouchée de viande est une bouchée de pain retirée à la bouche d’un enfant du tiers-monde » (Ph. Wollen, Melbourne, 2012).

Dans un discours mémorable, en avril 2012 , Philip Wollen, ex vice-président de la City Bank, actuellement militant animaliste, l’exprimait ainsi : « Les droits des animaux sont désormais la plus grande question de justice sociale depuis l’abolition de l’esclavage (…) Les animaux ne sont pas seulement d’autres espèces, ils sont d’autres nations. Et nous les assassinons à nos risques et périls. La carte de la paix se dessine sur un menu. La paix n’est pas seulement l’absence de guerre. C’est la présence de justice. La justice doit être aveugle à la race, la couleur, la religion ou l’espèce. Si elle n’est pas aveugle, elle sera une arme de terreur. Et il y a une terreur inimaginable dans ces horribles Guantánamo que nous appelons “élevages industriels” ou “abattoirs”..». («Animals should be off the menus »)

Et comme l’explique longuement Charles Patterson, historien de la Shoah, dans son livre Un Eternel Tréblinka, il n’est pas superflu de rappeler que les camps d’extermination nazis ont été construits sur les modèles des abattoirs. Adorno, Isaac Bashevis Singer, Marguerite Yourcenar, et tant d’autres firent eux aussi le lien dans leurs écrits.

 

Les animaux non-humains existent pour les propres raisons.

Pour qui veut bien accepter de considérer ses semblables comme ses semblables, la tâche n’est PAS complexe. Nous n’avons PAS le temps de prendre 3 ans pour mettre les cages aux nouvelles normes leur offrant généreusement quelques centimètres supplémentaires au nom du « bien-être animal », nous n’avons pas le temps d’organiser des congrès ni des festivals sur l’agriculture et l’alimentation de demain ; avec 90% du salaire des éleveurs en subventions, l’État peut organiser MAINTENANT leur reconversion. Nous n’avons pas le temps d’attendre. Parce qu’Ils n’ont pas le temps de vivre.

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